Robin Favier

Le langage artistique de Robin Favier a été identifié grâce à une Vie de saint Antoine (La Vallette, Public Malta Library), dont le colophon est riche en informations : offert par Guigues Robert de Tullins, prieur de Saint-Antoine-en-Viennois, le livre fut achevé le 14 avril 1426 et son illustration confiée à maître Robin Favier d’Avignon, qui devait s’inspirer d’un cycle de draps de lin (autrefois à l’abbaye) illustrant la légende du saint. On conserve un autre exemplaire de ce manuscrit (Florence, Bib. Laurenziana, Med. Pal. 143), enluminé par le même artiste sur la demande de Jean de Montchenu (destiné à l’abbaye de Sant’Antonio di Ranverso). La seule enluminure d’une Vie de saint Antoine conservée à Grenoble (Arch. dép. Isère, ms. 1 J 1606) est aussi attribuée à Robin Favier. Ces manuscrits se caractérisent par un dessin appuyé et une tendance à la surenchère dans la prolifération des drapés. L’artiste est documenté de nouveau le 12 septembre 1426, quand le chapitre de la cathédrale de Grenoble demande à maître Robin Favier « citoyen d’Avignon et habitant de Saint-Antoine-en-Viennois » la peinture des orgues de l’église. En raison de la présence de l’artiste dans la maison mère des Antonins, l’historiographie a voulu lui attribuer une grande partie des fresques qui décorent encore aujourd’hui l’abbaye ; ces œuvres sont en réalité hétérogènes et méritent une révision. Finalement, il pourrait être également l’auteur de la peinture sur le linteau du portail nord de l’église Saint-André à Grenoble, malheureusement très effacée. Robin Favier témoigne d’un courant artistique qui, issu du foyer avignonnais, remonte le cours du Rhône vers Lyon et Genève en suivant l’axe des échanges commerciaux : le « courant rhodanien ».  

 

Bibliographie

 

J. Roman, Réunion des sociétés savantes et des sociétés des beaux-arts des départements, 1896, Paris, p. 96-103.

 

J.H. Labande, Les primitifs français : peintres et peintres-verriers de la Provence occidentale, Paris, 1, 1932 , p. 225-226.

R. Graham, «A picture-book of the life of St. Anthony the Abbot», Archaeologia, 83, 1933, p. 1-26.

 

S. Cockerell, «Two Pictorial Lives of St. Anthony the Great» The Burlington Magazine for Connoisseurs, 62, 1933, p. 59-67.

M. Laclotte, L’Ecole d’Avignon, Paris, 1960, p. 68.

M. Roques, Les apports néerlandais dans la peinture du Sud-Est de la France, XIVe, XVe et XVIe siècles, Bordeaux, 1963, p. 208.

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M. Laclotte et D. Thiébaut, L'Ecole d'Avignon, Paris, 1983.

 

F. Elsig, La peinture en France au XVe siècle, Milan, 2004, p. 22-24.

G. Saroni, La biblioteca di Amedeo VIII di Savoia (1391-1451), Turin, 2004.

Robin Favier, Vie de Saint Antoine, Florence, Biblioteca Medicea Laurenziana, Ms. Med. Pal. 143

Rédigé par Mireia Castaño 
Mireia.Castanomartinez@unige.ch

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