Guillaume et Pierre Spicre

Peintre et verrier d’origine néerlandaise, Guillaume Spicre (dit aussi « Guillemin ») est documenté à Dijon, dans le milieu ducal, de 1447 à 1476. En 1454, il succède à Thierry Esperlan de Delft comme verrier en titre du duc de Bourgogne. Entre 1456 et 1462, il est évoqué dans les rôles d’impôts comme habitant près de Saint-Médard, le quartier des artistes à Dijon. Il collabore en 1467 avec Adam du Mont et Jean Changenet à la préparation des obsèques de Philippe le Bon. Curieusement déclaré mort en 1474, il réapparaît en tant que juré des verriers et peintres jusqu’en 1477. Peut-être son fils, Pierre Spicre est documenté entre 1470 et 1478. En 1473, un « maître Spicre » est documenté à Lausanne où il reçoit la commande des volets d’un triptyque destiné à la cathédrale de Lausanne (emporté et détruit par les bernois en 1537). Deux groupes d’œuvres peuvent être aujourd’hui associés au nom des Spicre. Le premier, qui comprend la Messe de saint Grégoire (Paris, Louvre) et les vingt-deux illustrations à l’encre rehaussées de lavis de l’Histoire de la fondation de l’hôpital du Saint-Esprit de Dijon (Dijon, hôpital général, AH 4, 1450-1460), se caractérise par une interprétation tranchante des modèles de Robert Campin autour de 1460 et pourrait revenir à Guillaume Spicre. Le second, qui comprend les peintures murales au château Saint-Maire de Lausanne (1477) et les portraits dits des Rabutin (Dijon, musée des Beaux-Arts), pourrait être dû à Pierre Spicre, identifié ainsi avec le maître attesté à Lausanne en 1473.

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Pierre Spicre, Portrait d’une femme en prière, vers 1470, huile sur bois, 60 x 49 cm, Dijon, musée des Beaux-Arts.

Rédigé par Hiba Mojabber
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