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Pierre Villate

Pierre Villate, originaire de Limoges, est attesté comme peintre, enlumineur et verrier à Avignon entre 1451 et 1497. Plusieurs documents concernant ses travaux ont été recensés : La Vierge de miséricorde (Chantilly, musée Condé, inv. PE111), commandée par Pierre Cadard à Enguerrand Quarton et Pierre Villate en 1452, est le seul témoin conservé. Si Henri Bouchot et Paul Durrieu ont cherché à y distinguer les mains, Charles Sterling suppose que Pierre Villate n’est intervenu que sur la prédelle perdue. L’historien de l’art lui attribue un feuillet ajouté, vers 1477 – 1480, dans les Heures du Maréchal de Boucicaut qui représente la Messe de saint Grégoire avec le portrait de Jean III le Meingre (Paris, musée Jacquemart-André, ms. 2, fol. 241) sachant que ce dernier s’installe à Avignon en 1477 et qu’il prend Pierre Villate comme témoin d’un acte rédigé à Avignon en 1479. François Avril, Nicole Reynaud et Dominique Vanwijnsberghe proposent de reconnaitre la main de Pierre Villate dans un folio du Missel de Jean des Martins (Paris, bibl. nat. Fr., ms. nouv. acq. lat. 2661, fol. 7), dans une série de manuscrits provençaux des années 1460 – 1490 (Oxford, Bodleian library, ms. gough. Liturg. 11 ; Londres, Sotheby’s, 11 décembre 1968, lot 205 ; Weimar, Thuringische Landesbibliothk, ms. Qu. 57 ; ancienne collection Rosenthal ; Namur, Grand Séminaire, ms. sem. 83 ; New York, Pierpont Morgan Library, ms. M 1107 ; Moulins, bib. mun., ms. 89 ; Albi, bib. mun., ms. Rochegude 104 ; Dijon, bib. mun., ms. 2968) ainsi que dans le Saint Bernardin de Sienne avec deux donateurs (Marseille, musée Grobet-Labadié, inv. GL 253). La proximité qu’entretient la Vierge à l’enfant de l’ancienne collection Stoop-Coray (vendue à Berlin en 1930) avec la Vierge du retable de Chantilly permet de réévaluer ces hypothèses et de revenir à l’idée initiale de Charles Sterling quant au feuillet ajouté dans les Heures du Marchéchal de Boucicaut. Considérant la Vierge du retable Cadard (1452), le panneau de l’ancienne collection Stoop-Coray (vers 1460) et le feuillet des Heures du maréchal de Boucicaut (vers 1477 – 1480), le langage de Pierre Villate se définit par une forte dépendance aux leçons d’Enguerrand Quarton tout en s’en distinguant par une facture plus sèche et rigide.

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Pierre Villate (?), Vierge à l'enfant, vers 1460. Localisation actuelle inconnue.

Rédigé par Constantin Favre 
Constantin.favre@unige.ch